Réseau Makutano : Matinée d’échanges sur le cancer et l’infertilité à Kinshasa

Pendant toute une matinée, le réseau Makutano a donné l’occasion au public kinois d’échanger sur l’infertilité et le cancer. Deux sujets de société encore trop peu développés dans notre pays.

Le réseau Makutano a organisé, le samedi 27 avril à Sultani Hôtel de Kinshasa, une matinée d’échanges autour de deux sujets de santé, en l’occurrence le cancer et l’infertilité.

Quatre médecins de renom sont venus partager leur expérience autour de ces thématiques. Ouvrant les débats, le Docteur Anna Bila, gynécologue obstétricienne, a proposé un exposé sur le « Bilan d’infertilité du couple ».

De cette thématique, l’oratrice a dégagé 5 points clés. A l’en croire, un couple sur cinq consulte pour infertilité en RDC. C’est généralement, selon elle, l’absence de grossesse après plus de 12 mois de rapports sexuels réguliers sans contraception qui pousse le couple à voir un médecin..

Si l’âge de la femme est un des facteurs les plus importants de la baisse de la fécondité dans un couple, le Dr Anna Bila conseille d’initier les explorations après une année d’infertilité en cas de régularité des rapports sexuels. Elle a par ailleurs insisté sur la nécessité de consulter les deux partenaires qui forment le couple pour établir un bilan.

La deuxième intervenante, le Docteur Yolande Kapend M’Mwang, gynécologue-obstétricienne également, a proposé une analyse sur le « Traitement de l’infertilité du couple à Kinshasa et perspectives d’avenir ».

En premier lieu, elle a épinglé l’influence néfaste des tradipraticiens et des pasteurs qui, selon elle, retardent souvent la prise en charge. Elle a ensuite évoqué la baisse de la fréquence des rapports sexuels de 20% par semaine tous les 10 ans observée chez les couples. Baisse essentiellement provoquée par un mode de vie favorisant la prise pondérale.

Le Dr Kapend a indiqué que le traitement de l’infertilité à Kinshasa est limité au niveau de la « conception naturelle ». Les techniques de conception des gamètes y étant encore balbutiantes de manière générale, a-t-elle précisé. Enfin, le coût du traitement de l’infertilité, évalué en moyenne autour de 4 700 USD, constitue un frein pour la plupart des couples.

Le Docteur Donatien Batalansi, chirurgien oncologue, a, lui, développé la thématique du « Cancer du sein : pourquoi faut-il en parler encore et toujours ! ». Après avoir rappelé que le cancer du sein est la première cause de mortalité chez la femme, il a précisé que ce cancer est souvent vécu comme un « psychodrame » au regard du fait que les femmes se voient amputer le sein, organe de désir et de plaisir.

Concernant les facteurs de risques, l’orateur a noté que les femmes sont les plus exposées, soit 9,5/10. De même, les femmes âgées de plus de 50 ans, celles qui ont un premier accouchement après 30 ans, une ménopause tardive au-delà de 55 ans, des règles avant l’âge de 12 ans, des antécédents personnels de cancer ou encore l’hérédité, constituent des facteurs de risques du cancer de sein.

Dans sa conclusion, le Docteur Donatien Batalansi a recommandé la consommation des fruits et légumes, la pratique d’exercices physiques réguliers, la limitation de la consommation de l’alcool (1 verre par jour pour la femme et 3 verres par jour pour les hommes), l’allaitement pendant plus de 6 mois, la limitation du traitement hormonal lors de la ménopause et, enfin, un auto examen du sein une fois par mois et un examen (CBE) une fois par an.

Le dernier intervenant, le Docteur Jean Lumbala, sexologue clinicien et psychologue, a parlé de la « Psychologie du couple ». A travers son exposé, il a partagé son expérience avec l’assistance et a prodigué de nombreux conseils aux couples frappés par l’infertilité.

Ce Makutano Santé entre dans la série d’activités que le premier réseau d’affaires congolais, qui se positionne en « Think and Do tank », organise tout au long de l’année pour éclairer ses membres sur certaines problématiques de notre société.